lundi 2 juillet 2007

Halte à l'homophobie !



href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi3UH6bP-VjISBVdOQsP6xD3KYgk1QO1GLfS1xyNtI7I22QdJ-iFGeyXHSFFcJohWihgY2r8xyLPeiCAofMHITO6LNLnC1XXO6GK8DAQAokdfKHO4v_coayB1jbylaG5fBYGi25iopoRFJY/s1600-h/IS03.jpg">

Halte à l'homophobie !

Hostilité explicite ou implicite à l'encontre des homosexuels relevant de la peur, de la haine, de l'aversion ou encore de la désapprobation envers l'homosexualité, l'homophobie latente ou décomplexée de notre société (dite moderne !) continue de faire des ravages. Les préjugés et les discriminations anti-homosexuels ont plus que jamais la cote. Il serait bon de mettre fin à cette persécution sociale et religieuse qui relève d'un autre temps. C'est une simple question d'humanisme.

Un petit rappel historique s'impose. Ce n'est que le 27 juillet 1982 que la France vote l'abrogation du délit d'homosexualité, à l'initiative de Robert Badinter.

L'homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales de l'OMS seulement en 1991. En France, la loi du 30 décembre 2004 créant la « Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité » a, pour lutter contre l'homophobie, complété les dispositions de la loi sur la presse de 1881 en faisant des délits de l'injure, la diffamation, l'incitation à la haine ou à la discrimination envers des personnes ou groupes de personnes en raison de leur orientation sexuelle par tous les moyens d'expression publique.

De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. L'homosexualité est toujours punie d'emprisonnement (de quelques mois à la perpétuité), de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays dont : Algérie, Bangladesh, Botswana, Cameroun, Chine, République démocratique du Congo, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Îles Fidji, Guyana, Jamaïque, Kenya, Libye, Malaisie, Maroc, Mozambique, Nicaragua, Nigeria, Oman, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Sri Lanka, Syrie, Tanzanie, Togo, Zambie. Cette liste n'est pas exhaustive. En Grande Bretagne l'interdiction des homosexuels était en vigueur dans l'armée jusqu'à il y a un an.

Rappelons aussi que de 1941 à 1945 de nombreux homosexuels furent déportés dans les camps de concentration nazis. Le triangle rose qu'ils portaient sur la poitrine est devenu, avec le drapeau arc-en-ciel, l'un des symboles de ralliement gays.

Que l'hostilité envers les homosexuels relève de la peur irrationnelle ou bien de la désapprobation morale, elle a dans tous les cas des conséquences dommageables. Une enquête publiée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) indique que les tentatives de suicide sont cinq fois plus élevées chez les homosexuels que chez les autres, et encore plus chez les moins de 25 ans. Cela doit nous interpeller. Le rejet systématique de l'homosexualité par la société est dévastateur. Force est de constater que les préjugés homophobes sont toujours aussi tenaces, malgré les avancées législatives. Les passages à tabac, les moqueries, les mises à l'écart, les insultes « tapette », « tantouse », « pédé », etc. sont monnaie courante.

Certains argueront qu'ils ne sont pas homophobes, au sens où ils n'ont ni peur des homosexuels ni peur de devenir homosexuel, mais voient dans l'homosexualité une perversion morale. Ce débat sémantique n'a aucun sens, il ne fait que dissimuler les conséquences de l'homophobie : humiliation, isolement, exclusion, solitude, repli sur soi, dépression et suicide.

Les hommes politiques Emmanuel Hamel, François Abadie et Bernard Seillier ont, en séance de lecture au Sénat lors des discussions sur le Pacs, déclaré, entre autres, que l'acronyme Pacs signifiait « Pacte de contamination sidaïque » ou bien que « les citoyens normaux n'ont pas à payer pour les pédés », ou enfin que le projet en question était une « quête pathétique des homosexuels à l'égard du mariage, [qui] allait précipiter la société vers une aggravation de ses pathologies, déjà perceptibles par la drogue, les suicides... ». Les débats sur le PACS à l'Assemblée nationale seront prétextes à certaines répliques : « Il n'y a qu'à les stériliser », « et les animaux de compagnie ? ».

On a tout entendu lors de ce débat, que le Pacs détruirait la structure familiale et remettrait en cause les fondements mêmes de la société. La droite a eu un comportement honteux, excessif et lâche lors de la discussion. Seule Roselyne Bachelot a démontré tout son courage et sa force de conviction à la tribune en se prononçant en faveur de cette mesure.

Le député UMP Christian Vanneste avait affirmé que l'homosexualité était « une menace pour l'humanité ». « Je n'ai parlé que d'infériorité morale et sociale du comportement homosexuel par rapport au comportement hétérosexuel qui conduit au mariage et à la procréation » ou encore « L'homosexualité n'est pas innée, mais acquise [...]. Si l'homosexualité est acquise, elle peut aussi être rééduquée. »

On peut estimer que l'homophobie est un effet de l'« hétérocentrisme », c'est-à-dire la suprématie du modèle social hétérosexuel, présenté comme le seul existant par défaut dans les sociétés actuelles.

Curieusement, lorsque l'on parle de l'homosexualité, on pense davantage à l'union de deux hommes qu'à l'union de deux femmes, comme si la première était plus à même de choquer. Une hypothèse est que l'homophobie n'est qu'une conséquence de la conception machiste de la société aussi bien chez les hommes que chez les femmes, qui impose à l'homme un devoir de domination et de virilité. Ce carcan interdit à l'homme d'apparaître en situation d'infériorité. La femme est son faire-valoir. Cela explique que les hommes efféminés soient traités de « tapette » puis de « pédé », et qu'inversement tous les homosexuels soient perçus comme efféminés. L'homme pénétré effraie l'homophobe car il contredit l'ordre « naturel » des choses, comme si la pénétration d'un homme pouvait être le symbole d'une perte d'intégrité et de virilité. En sorte, c'est le fait qu'un homme puisse être pénétré qui contredit le schéma stéréotypé dévolu aux sexes : la femme est passive, l'homme actif. Or, entre deux hommes, la notion de rôle actif et de rôle passif est réduite à néant.

On en est arrivé à l'équation homosexuel = efféminé = faible = séropositif = pervers = malade. Cet amalgame immonde est une arme de destruction massive.

Une expérience menée par l'American Psychologist Association montre que l'homophobie peut être le résultat de désirs homosexuels refoulés : sur un public d'hommes se disant hétérosexuels - et se déclarant homophobes ou non - auxquels on a fait visionner des images érotiques homosexuelles, 44% des non-homophobes ont montré des traces d'excitation, contre 80 % des homophobes. De même, 24 % des non-homophobes étaient en érection complète contre 54 % pour les homophobes.

On trouve le plus grand nombre d'homophobes parmi les hommes, surtout les jeunes. L'homophobie peut être simplement culturelle ; ce n'est ni une peur innée ni une réflexion construite qui en est à l'origine, mais souvent un trait culturel acquis au contact d'une société globalement homophobe par habitude. Beaucoup des jeunes se disant dégoûtés par l'homosexualité n'ont en effet aucun avis réel sur la question et ne sont pas capables d'expliquer leur homophobie. Celle-ci fait partie de la culture dans laquelle ils se développent, souvent influencée par la religion.

Sida

Ajoutons que le Sida a considérablement retardé la lutte contre l'homophobie, une grande partie de la société étant persuadée que les pratiques homosexuelles étant plus libres et supposées plus dangereuses, les homosexuels contribuent plus que les autres à propager le Sida. Cela a renforcé l'idée d'une communauté homosexuelle. Enfin, cessons de parler de communauté homosexuelle. A-t-on déjà parlé de communauté hétérosexuelle ? Le fait d'accorder un statut spécial participe de la discrimination. L'orientation sexuelle ne constitue pas la caractéristique première, essentielle et congénitale d'un être humain ! Ce n'est qu'une des nombreuses composantes de la personnalité. Dans le même ordre d'idée, la Gay Pride est peut-être contre-productive car elle véhicule une image unique et fantaisiste.

Condamnation religieuse

Dans une lettre datée de 1986, le cardinal Ratzinger, aujourd'hui devenu pape sous le nom de Benoît XVI, décrivait l'homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Mgr Ratzinger recommandait qu'un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu'ils soient menés à croire que l'activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Il concluait sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements ».

En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l'adoption, les homosexuels dans l'armée, l'homosexualité des enseignants. Ratzinger soutient que tenir compte de l'orientation sexuelle n'est pas « injuste ». Poursuivant le raisonnement, il n'hésite pas à affirmer qu'en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l'Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent ».

Le grand rabbin Richard Wertenschlag tenait les propos suivants dans Lyon Capitale le 13 février 2007

“Les homosexuels ont des problèmes médicaux de type génétique ou des problèmes de pulsions. Il faut donc mettre des parapets, des limites, ou alors on devient une société décadente avec des zoophiles et des pédophiles.”

“L'homosexualité est contraire aux codes voulus par Dieu.”
“Il ne faut pas aller plus loin que le Pacs qui est déjà une grande concession !”
“Les homosexuels n'ont pas de respect pour les croyants puisqu'ils voulaient faire une gay pride à Jérusalem. Pourquoi pas sur la place Saint-Pierre ou à la Mecque ?”

Le mufti suprême de la région de Talgat Tajuddin en Russie a également déclaré à l'occasion de la Gay Pride : "S'ils vont dans la rue, il faudra les frapper. Tous les gens normaux le feront, qu'ils soient musulmans ou orthodoxes." Il a ajouté que le prophète Mahomet a ordonné de tuer les homosexuels, car "leur comportement conduirait à la fin de l'espèce humaine".

Les « fidèles » prennent désormais de plus en plus leurs distances avec ces directives, mais le chemin pour le « désendoctrinement » reste long.

Enfin, les « homophobes tolérants (!) » qui disent ne rien avoir contre l'homosexualité du moment qu'elle est dissimulée, ou du moins pas affichée, condamnent de fait les homosexuels à l'isolement : sur son lieu de travail, dans sa famille ou son cercle d'amis, on imagine mal l'intéressé dire « ce week-end avec ma copine... » comme les autres.

Alors ceci est un appel à tous les progressistes. Nous sommes au XXIe siècle. Tous ceux qui se font les chantres de l'antiracisme devraient être aux premières loges de la lutte contre l'homophobie, bien plus destructrice. Car contrairement au racisme, la victime ne peut pas se tourner vers un soutien familial ou communautaire. Nous ne pouvons plus tolérer cette violence gratuite.

mardi 19 juin 2007

L'histoire d'un jeune gay marocain !



L’histoire poignante du premier Marocain qui a eu le courage d’assumer publiquement sa différence.


“Il a accepté de donner son c… pour se faire connaître”, “Il est publié et on parle de lui parce qu'il est homo”, “Il se prostitue pour plaire à l'Occident”, “C'est son postérieur qui parle, pas lui”, “Il nuit à l'image du Maroc et de l'islam”, “Si nous étions réellement en terre d'islam, on le lapiderait”. Le nom de Abdellah Taïa, pour ceux qui le connaissent, ne laisse guère indifférent. Il délie les langues et déclenche, dans les discussions de café comme sur les forums Internet, des échanges au
contenu très peu amène. Un internaute a écrit ceci : “En ce temps de malheur, pour être publié dans le monde occidental, il faut écrire des romans sur la sexualité .....


La plupart de ces récits sont des autobiographies où des homos racontent avec fierté leurs exploits. Abdellah Taïa en est un. Il raconte sa vie de pédé depuis son jeune âge quand il vivait à Salé. Il a été l'invité de 2M cinq fois, un privilège dont ne bénéficie pas par exemple Mehdi El Menjra (ndlr : écrivain et “futurologue” marocain). Taïa, lui, a été reçu par toutes les maisons d'édition en France et son roman sera traduit”. L'homosexualité déclarée du jeune écrivain traumatise jusque dans les cercles de lettrés, pourtant réputés pour leur tolérance et leur ouverture d'esprit. Quand Taïa a publié conjointement dans les colonnes de TelQuel et celles du quotidien Le Monde, un texte personnel en réaction aux attentats kamikazes survenus au Maroc en mars 2007, un lecteur averti a trouvé le moyen de s'indigner en ces termes : “Taïa ne peut pas se mettre à la place d'un kamikaze parce que lui, c'est son c… qu'il se fait exploser. Alors si vous pouviez nous épargner les tribunes de votre pédale vedette…”. Quelques semaines auparavant, un chercheur dont on taira le nom a trouvé d'autres mots, un autre ton, pour exprimer sa colère : “Honte sur vous qui donnez de la
visibilité à un zamel !”.

==>Demain le scandale:

Abdellah Taïa n'a évidemment pas que des détracteurs. Il a aussi des amis, des supporters… qui se taisent. Ceux qui ne l'aiment pas, en revanche, l'expriment violemment, méchamment, l'assimilant sans problème à une honte nationale. Un “zamel”, c'est-à-dire un homosexuel, une pédale, une insulte. Le phénomène n'en est sans doute qu'à ses débuts, puisque l'auteur, dont les publications sont diffusées aujourd'hui à une moyenne de 10 000 exemplaires (mais vendus autant au Maroc qu'en France !) est appelé à grandir. Il vient d'être traduit en espagnol, bientôt en néerlandais. Son potentiel commercial et sa marge de progression en France sont énormes puisque, contrairement à ce que pensent ses nombreux adversaires, l'écrivain ne fait pas le tour des plateaux de télévision. Pas encore, du moins. Et au Maroc, il n'a jamais capitalisé sur son homosexualité à la télévision. Son coming out, selon l'expression consacrée, n'a été opéré que via ses propres écrits, en plus de l’entretien accordé à TelQuel, en février 2006.

Que se passera-t-il demain lorsque Taïa, par la force de son talent d'écrivain et sa singularité d'homme, deviendra une authentique star (inter)nationale ?

Al Massae, le quotidien le plus diffusé au Maroc, a déjà tranché la question : Taïa, il faudra le brûler ! Dans l'une de ses chroniques quotidiennes, le directeur de la publication, Rachid Nini, a pratiquement appelé au lynchage du jeune écrivain, accusant au passage l'Etat de “complicité” et traitant plus généralement les homosexuels d'êtres anormaux, qu'il ne faudrait surtout pas “exhiber” en public. “Comment accepter qu'un tel individu passe sur la deuxième chaîne de télévision nationale, qui est financée par l'argent du contribuable marocain ?”, écrit notamment Nini. Nous avons tenté de comprendre le point de vue pour le moins extrémiste du directeur d'Al Massae. Joint par téléphone, il a commencé par accepter l'idée avant de se désister sans aucune forme d'explication… Attajdid, le quotidien officieux des islamistes du PJD, a été à peine moins extrême qu'Al Massae : “Pourquoi Taïa bénéficie-t-il de tous ces passages à la télévision (marocaine) et pas les autres ?”. Un dirigeant du parti nous a fait, en off, le commentaire suivant : “Nous, on n'aime pas les homos !”. On aurait pourtant tort de prendre la formule pour une simple boutade. Le PJD est parfaitement capable de poser, demain, une question orale au Parlement, pour demander le jugement ou l'interdiction de l'écrivain. L'offensive menée, sur un autre plan, par le parti de Saâd-Eddine El Othmani, contre le film Marock risque de se reproduire, cette fois contre une personne : Abdellah Taïa. Ce qui sauve (pour le moment) le jeune écrivain peut se résumer, comme nous a expliqué ce dirigeant du parti islamiste, de la manière suivante : “Taïa ne représente pas grand-chose, il ne vend pas - encore - assez de livres”. Demain, donc, tout peut changer et tout changera, puisque Taïa vendra fatalement plus de livres, fera plus d'apparitions à la télévision, parlera davantage de son homosexualité, etc.

==>Un extra-terrestre à Paris:

En allant à la rencontre de Abdellah Taïa dans sa nouvelle vie, à Paris, on a du mal à croire que cet homme frêle, timide, pudique, tellement humble, corresponde au monstre décrit dans les délires de ses adversaires. “Je ne fais pas de littérature, je ne cherche à reproduire les plans d'aucun écrivain, je ne représente personne, je ne suis qu'un étranger qui vit seul dans un studio de vingt mètres carrés”. L'histoire de Taïa est celle d'un malentendu : fils de pauvre, il a appris à manier la langue française alors que beaucoup parmi ses copains du derb n'ont jamais mis les pieds à l'école. Il a fait des études en littérature, mais il a toujours rêvé d'écrire pour le cinéma. Et il ne s'est pas exilé en Europe pour découvrir les mondanités parisiennes ou le chocolat suisse, mais “pour suivre l'homme de sa vie”. Ce serait beau dans la bouche d'une femme, c'est impardonnable pour un homme marocain.

Dans son minuscule studio du 19ème arrondissement, quartier plutôt “pop” de la capitale française, le jeune homme n'a aucune photo de lui accrochée au mur. Il fait vite le tour du propriétaire sans quitter sa place, en bougeant son seul index : “Ici, sur ce matelas, je dors, j'écris, je fais tout. Là, ce sont les livres que j'aime, et puis là c'est une vieille photo de Mohammed V pour laquelle j'ai une grande tendresse, des disques, des films”. L'écrivain marocain le plus décrié du moment a un quotidien de Monsieur tout le monde à Paris, un homme très seul qui pense à ses fins de mois : “J'ai longtemps tenu le coup grâce aux petits boulots habituels. Aujourd'hui, je vends des livres mais pas assez pour être à l'abri du besoin, alors je donne des cours (d'arabe), je traduis les écrits des autres, j'écris occasionnellement pour des journaux”. Le grand dénuement dans lequel vit cet homme de 34 ans traduit l'intensité de sa vie intérieure. Abdellah Taïa vit avec des images et des mots du Maroc, des morceaux de vie de ce Hay Salam à Salé où il a grandi, dixième enfant d'une fratrie de onze. Une vie de pauvre où les corps, poussés par l'exiguïté, vivent pratiquement les uns sur les autres, créant au final une communauté charnelle, voire sentimentale : “Le sujet de ce que j'écris est et ne peut être que moi-même, mais je ne raconte rien en continu, plutôt des fragments de ce que je vis, ce que je suis”. Ce qu'il est ? “Un Marocain révolté, qui croit à l'individu, qui refuse l'idée selon laquelle notre histoire, personnelle ou collective, ne nous appartient pas, qu'on n'a pas le droit de se la réapproprier”. Taïa est une mosaïque humaine au centre de laquelle le mot homosexualité est évidemment inscrit en lettres d'or, inévitable, incontournable. “J'ai toujours été homosexuel et je ne m'en suis jamais caché. L'homosexualité se vit et ne s'explique pas. Ce n'est pas un trip, c'est ma vie. Je ne peux pas le cacher, je l'écris, je le raconte au milieu d'autres choses”.
Contrairement à un Rachid O., premier écrivain marocain à déclarer son homosexualité (dès 1994 avec L'enfant ébloui, puis Plusieurs vies, parus chez Gallimard), mais sans décliner son identité complète, Abdellah Taïa a décidé, dès le départ, de signer de son vrai nom, sans se cacher derrière un diminutif ou un pseudonyme. “Au Maroc, tout passe, mais dans le silence. Il y a eu un moment pour moi où ce silence n'était plus suffisant. Il fallait que je brise le tabou, que je parle. De moi”. Jusqu'en 2005, l'écrivain fait allusion à son homosexualité sur le mode du “Alfahem yfhem”, pour les initiés seulement, avant de la révéler ouvertement, sans détour, dans Le Rouge du tarbouche. En février 2006, il franchit un palier supplémentaire dans les colonnes de TelQuel : “J'ai eu un nœud à l'estomac au moment de l'entretien. L'heure de mon coming out avait sonné. Vous pouvez dire ce que vous voulez dans les livres, mais à partir du moment où vous le dites dans les journaux, cela devient l'affaire de tous, vous avez franchi le point de non-retour”. D'autres journaux francophones (Le Journal, le défunt Maroc-Soir, Maroc Hebdo, etc) relaient le coming out de l'écrivain. “Ma famille, mes anciens amis ont préféré ignorer, pour eux j'étais toujours dans mon hmaq de jeunesse, un truc réparable avec le temps et dans tous les cas camouflable dans l'immédiat. On ne me prenait pas au sérieux, même si les voisins venaient dire à ma mère : on a vu ton fils à la télévision. Une fois, mon grand frère m'a même appelé pour me dire, tout fier : je t'ai vu à la télévision, c'est très bien, mais dis-moi, quand est-ce que tu vas passer à la fiction ? Il voulait bien sûr dire : oui, on sait de quoi tu es fait, maintenant il faut arrêter ces déballages pour penser à devenir - enfin - écrivain !”, explique Taïa. Un autre de ses frères va se plaindre directement chez la mère : “Dis à ton fils d'arrêter de raconter son tkharbiq (charabia) et de revenir à la raison !”. La rupture avec le “maskhout Al walidine”, celui qui a osé briser la loi du silence, guette.

==>Coming out et déchirement familial

Le coming out de Taïa a pris une autre dimension, beaucoup plus dramatique, lorsque l'écrivain a expliqué son homosexualité dans des journaux arabophones (AlAyyam et Al Jarida Al Oukhra). “Cela a tout changé, puisqu'on est passé de la langue des riches (le français) à la langue de tout le monde (l'arabe). Un peu comme si on était dans la pure théorie, et que là, d'un coup, on atterrissait dans le réel”, se souvient l'écrivain. Cette fois, c'est sûr, le jeune homme est devenu “l'autre”, l'extra-terrestre, le clochard montré du doigt par les gosses de Hay Salam, le héros monstrueux des contes transmis par les grand-mères à leurs petits-enfants. La vie de Taïa bascule.

A Salé, les nouvelles vont très vite et les Taïa, au grand complet, sont obligés de tenir un conseil de famille : “Tel neveu n'arrivait plus à mettre le pied dehors, de peur d'être la risée des gamins du quartier, telle sœur avait des problèmes au bureau parce que son frère était zamel (et il n'avait aucune gêne à l'écrire et à le dire)”, se rappelle Abdellah Taïa. Catastrophe. C'est finalement la mère de l'écrivain, 74 ans, chef de famille depuis le décès du père, qui prend les devants pour appeler son fils en France. Elle pleure, son fils aussi. Ses mots à elle : “Ach derti lina, ach derna lik, wach nta khrej lik la'akel, wach hadak klam kaytgal (As-tu perdu la tête pour nous faire ça ? Pour dire toutes ces choses qu'on ne dit pas) ?”. Abdellah a les larmes aux yeux à l'évocation de ce douloureux souvenir : “Pour moi, je souffrais d'avoir involontairement causé du mal aux miens, d'être un peu lâche puisque loin de Salé, je souffrais surtout de voir que personne, dans ces moments de détresse, n'a pensé à moi, à tout ce que j'avais longtemps endossé en étant réduit au silence, à tout ce que j'avais à endurer pour poursuivre mon cheminement naturel”.
La mère ignore le contenu des livres les plus explicites (Le rouge du tarbouche et L'armée du salut), elle ne s'arrête que sur le contenu de l'interview accordée par son écrivain de fils à l'hebdomadaire Al Jarida Al Oukhra. “Elle était effondrée devant l'annonce de mon homosexualité et, plus encore, devant mon rejet définitif du concept de mariage”. “Ne me dis pas que mon fils ne va jamais se marier, qu'il n'ira jamais au Haj, que je ne pourrais jamais prendre ses enfants dans mes bras. Moi, je ne veux que ton bien”, pleure la vieille femme. Taïa, de son côté, essaie d'argumenter, il cherche des mots “qui rassurent (un peu)” entre deux sanglots : “C'est quelque chose qui me dépasse, mais il ne s'agit pas seulement de moi, je m'inscris dans un mouvement qui est plus grand que moi, et qui traverse tout le Maroc”, répond-il à sa mère. L'écrivain s'accroche à son rêve d'être lui-même et sa mère s'accroche au rêve de voir son fils être celui qu'elle souhaite. Qu'il referme la parenthèse homosexuelle pour revenir à la “normalité”.
Aucun autre membre de la petite famille Taïa ne contacte l'écrivain dans l'immédiat. La mère canalise à elle seule tous les mécontentements, chaque jour plus nombreux, plus difficiles à contenir, plus difficiles à vivre. Et Abdellah Taïa, dans son minuscule studio parisien, vit dans le noir le plus absolu, coupé du monde, réfléchissant sur la nouvelle tournure que prend son existence. Jusqu'au jour où l'une de ses sœurs, analphabète, lui envoie un SMS, qui arrive à point nommé comme une bouée de sauvetage : “Ma sœur ne m'avait jamais appelé, ni écrit. Elle a fait appel à sa fille pour m'écrire dans un arabe rédigé en français : son message ne disait rien de particulier mais il traduisait, quelque part, avec ses idées et sa manière à elle, un soutien extraordinaire de sa part”. Le SMS disait : “Khouya Abdellah, Wach nta labass ? Wach mazal D'aïf oula s'hahiti chouiya ? Rah koulna kansallmou alik”. Traduction : “Mon frère Abdellah, est-ce que tu vas bien ? Tu es toujours aussi maigrichon ou bien as-tu grossi un peu ? On te salue tous”.

==>Comment tourner la page ?

Abdellah Taïa n'est pas encore passé au chapitre suivant. Les siens non plus. Depuis le dernier épisode de ce coming out qui n'en finit pas, couronné par l'interview accordée à Al Jarida Al Oukhra en mai 2006, l'écrivain n'a plus jamais remis les pieds chez sa mère, sa famille, à Salé. “Je n'ose pas, parce que c'est trop tôt, trop chaud. Je ne sais pas quelle sera mon attitude, ni la leur, je n'ai pas envie de rouvrir toutes nos blessures, je ne veux pas plonger dans de nouvelles béances, pas encore. Je veux que l'on se donne, eux et moi, le temps de digérer tout ça”. Ses derniers séjours au Maroc, Taïa les a passés à Casablanca, Tanger ou Rabat, dans des chambres d'hôtel ou chez des couples d'amis. Des refuges anonymes et des cocons protecteurs. Le seul lien véritable qui le rattache à son pays est resté le même : une conversation téléphonique échangée toutes les deux à trois semaines avec sa mère. “Je n'en veux à personne, car ma démarche est d'aller au bout : de l'exil, de l'écriture, de l'homosexualité, de moi-même. J'ai choisi la voie de la liberté, je dois la mener jusqu'au bout”. Et le scandale ? “Mais quel scandale ? Ce n'est que dans l'individualité que l'on peut faire avancer les choses et être soi-même, pas en demandant la bénédiction de qui que ce soit. Parce que dès que tu demandes à quelqu'un son opinion, tu sais que c'est perdu d'avance : il évoquera la pensée moyenne, consensuelle, qui n'est pas la sienne mais qu'il te servira uniquement pour te briser”.

L'écrivain, aussi humble que percutant, en a encore dans le ventre. Il a longtemps été nourri au spectacle des humbles et des anonymes, les voisins de quartier ou les hommes et femmes de passage, aux parcours personnels si lisses… en apparence. “Je pourrais écrire des livres entiers sur les scandales de mœurs des uns et des autres, même parmi les plus conservateurs dans mon entourage. La transgression se pratique au quotidien et à une très large échelle. Elle est seulement tue pour mieux sauver les apparences. Moi, si j'arrive à briser le cliché du Zamel efféminé, prostitué, dépravé, ce serait déjà bien”.

En dehors de Rachid O, l'autre écrivain homosexuel avec lequel il est en contact, Abdellah Taïa ne fréquente aucun cercle littéraire. Pas plus marocain que français. Il est seul dans son coin. Quelques contacts (Frédéric Mitterrand, le cinéaste Faouzi Bensaïdi), des discussions avec une poignée d'anciens camarades de promotion, le tour des relations mondaines et sociales est vite fait. “Mais quand je suffoque, j'ouvre mon petit balcon qui donne sur les toits de Paris”, souffle l'écrivain, jamais à court d'idées pour éviter de tomber dans le pathétique ou se lamenter sur son sort.

L'attitude qui résume le présent de l'enfant de Hay Salam est celle qu'il adoptait, un jour, sur le plateau d'une émission littéraire sur 2M : la tête basse, un côté gauche, l'air plus simple, plus timide que la moyenne des écrivains à l'ego hypertrophié. Il était fidèle à lui-même, sans artifice intellectuel, refusant de théoriser ou de s'ériger en pourfendeur des tabous. Un peu dans la posture qu'avait, parfois, les soirs de mauvaise humeur, son idole de toujours : l'auteur du mémorable Pain nu, l'écrivain Mohamed Choukri (“Lui, c'était quelqu'un, il nous a fait comprendre, à nous les misérables, que tout était possible, que tout le monde pouvait faire ou être n'importe quoi. Parce qu'il a été le premier à raconter la réalité, la sienne, celle de tous les jours, y compris dans sa dimension sexuelle”). Clin d'œil du destin : la traduction hollandaise de L'armée du salut, attendue en septembre prochain, devra paraître chez l'éditeur hollandais… de Mohamed Choukri.

Source: Telquel

Foot et gays ?....



Homos footballeurs, la grande omerta
Par Solen CHERRIER
Le Journal du Dimanche

Les joueurs de football se mobilisent régulièrement contre le racisme, pour des oeuvres caritatives. L'homophobie reste, en revanche, un sujet tabou, voire une attitude fréquente dans le milieu, qu'il soit professionnel ou amateur. Malgré les actions d'associations comme le Paris Football Gay, la cause peine à mobiliser, alors que les discriminations sexuelles sont fréquentes.


En 2004, des militants protestaient contre l'homophobie affichée au Parc des Princes. Depuis, le PSG s'est engagé à leurs côtés. Sur le même sujet
"J'ai été viré parce que j'étais homo"Plus qu'un tabou, une omerta. L'homosexualité chez les footballeurs reste un sujet très sensible, au point d'être totalement niée. Pas un seul joueur professionnel encore en activité n'a confessé de préférence sexuelle pour les hommes. Parce qu'il n'y en a pas ? Certains le pensent encore. Il y a deux ans, au cours d'une émission de télévision, David Ginola assurait: "Je n'ai jamais croisé quelqu'un du côté obscur de la force au cours de ma carrière." Il n'est pas le seul à vivre dans cette certitude. Des travaux menés à l'université Lyon-I par le sociologue Philippe Liotard auprès de sportifs le montrent. Les hommes interrogés estiment "impensable" qu'un de leurs coéquipiers soit homosexuel. Pis, si cela s'avérait, ils ne pourraient plus jouer avec lui. Preuve que le sport reste un vrai bastion homophobe. Le football en premier lieu, avec ses paradoxes (des joueurs idoles métrosexuelles) et ses ambiguïtés (l'homosociabilité au sein d'un groupe).

"Cette négation est révélatrice d'un malaise, commente Philippe Liotard. Comme si le sport pouvait échapper aux statistiques démographiques." Il y a entre 5% et 10% de gays dans la société: pourquoi n'y en aurait-il pas dans le milieu du foot ? L'homosexualité est juste tue. Vécue comme une maladie honteuse, une grande souffrance propagée par des rumeurs plus ou moins fondées. Récemment, Andrew Walmsley et Corny Littman, respectivement présidents des clubs de Stonewall (Angleterre) et Sankt Pauli (Allemagne), réputés pour leur engagement en faveur de la cause gay, ont pensé faire bouger les choses en déclarant qu'ils connaissaient des homos dans les clubs de l'élite de leurs pays et dans les sélections nationales. Walmsley ajoutait aussi: "Mais faire son coming-out n'est pas envisageable."

Justin Fashanu a été retrouvé pendu

Dans l'histoire du foot, trois cas sont recensés. Deux ont fini en tragédie. Heinz Bonn, modeste défenseur allemand de Hambourg dans les années 1970, a très mal vécu son homosexualité, non révélée mais de notoriété publique. Après avoir noyé son mal-être dans l'alcool, il a été retrouvé assassiné par un prostitué le 5 décembre 1991 dans son appartement de Hanovre. Plus célèbre, l'international espoir anglais Justin Fashanu a vendu ses confessions au News of the World pour 80 000 livres (118 300 euros) en 1990 alors que, fait unique, il était encore en activité. Rejet du milieu et exil aux Etats-Unis. Le 2 mai 1998, il a été retrouvé pendu après avoir été accusé d'abus sur mineur. Il y a deux ans, l'Uruguayen Wilson Oliver a fait son coming-out dans la revue espagnole Gay Barcelona. Il avait dû arrêter sa carrière car il ne supportait plus la marginalisation et la discrimination. On peut aussi citer l'arbitre international néerlandais John Blankenstein, militant engagé, écarté de la Coupe du monde 1990, selon lui pour avoir été aperçu dans un bar homo.

Forcément, ces exemples n'encouragent pas les candidats à la grande révélation. "Pour faire son coming-out, il faut être très fort. Seul un joueur du calibre de Zidane peut le faire. Et encore, ça ferait des vagues", glisse Pascal Brèthes, président du Paris Foot Gay (PFG). Les conséquences vis-à-vis du public, des médias et même des sponsors - certains recommandent de s'afficher avec des femmes - confinent au suicide professionnel. A l'intérieur d'un groupe, sanctuaire de l'affirmation de la virilité, le rejet peut aussi être violent. En 2001, Jonathan Denis, alors jeune journaliste (il a écrit deux livres depuis), a vécu une "belle histoire compliquée" avec un joueur de Sochaux. Il raconte: "Ce joueur sortait avec une fille, avec qui il s'est marié depuis. Sochaux, c'est une petite ville, et notre relation s'est ébruitée. Professionnellement, ça a été un drame pour lui. Du jour au lendemain, il n'était plus sur la feuille de match et ses coéquipiers le regardaient de travers. Il a été totalement exclu du groupe. Ça l'a déprimé et il a dû changer de club."

L'homophobie comme discrimination la plus cachée

Chronique de l'homophobie ordinaire. Elle débute dès le plus jeune âge au son de la rengaine: "On n'est pas des pédés." Et sévit au moins autant chez les amateurs. Yoann Lemaire joue au FC Chooz (DH), dans les Ardennes. Début 2006, il décide de révéler son homosexualité à ses coéquipiers afin d'apaiser sa conscience et ses nerfs. Elle semble acceptée au début (le club est même devenu partenaire du PFG). Avant qu'il ne vive rapidement un cauchemar: insultes des adversaires, indifférence arbitrale et mise à l'écart muant progressivement en mise à pied. "Je me suis planté. C'est une catastrophe. Jamais je ne conseillerai à un joueur de foot de révéler son homosexualité. Je comprends que les pros ne veuillent pas le faire. C'est le meilleur moyen de briser sa carrière et de faire fuir les sponsors. Je ne suis même pas sûr que ça puisse avoir un effet positif. Parce que si ça se passe mal pour le joueur, ça se retournera contre tous les homos."

Eric Verdier, psychologue psychothérapeute qui travaille sur l'identité masculine, estime ainsi que "l'engagement d'hétéros nettoyés de leur homophobie jusqu'à semer le doute, comme Vikash Dhorasoo, fera davantage avancer les choses. L'homophobie, c'est la peur de l'autre en soi, poursuit-il. C'est donc une discrimination plus complexe et plus insidieuse que le racisme et le sexisme." Donc moins mise en lumière. Les 19 et 20 mai dernier, le réseau Fare (Football against racism in Europe) organisait son congrès annuel à la Fédération française de football. Il y a été reconnu que l'homophobie est la discrimination la plus cachée, celle sur laquelle il y a le moins d'avancées.

"Du côté de la Ligue et de la Fédération, c'est pourtant silence radio", regrette Pascal Brèthes, qui lutte pour "faire condamner les propos homophobes", comme ceux tenus récemment par Didier Deschamps en Italie - "Cette couleur [le rose du maillot de la Juve] ne me plaît pas parce qu'en France c'est la couleur des pédés" - et Louis Nicollin - "Quelle bande de pédés d'avoir raconté ça [que les matches de Montpellier étaient arrangés]". Les deux intéressés se sont excusés. En France, seul le PSG, ouvertement gay friendly, se mobilise. D'autres clubs (Nancy, Sedan, Toulouse) ont été démarchés par le PFG, en vain. L'anecdote que raconte Yoann Lemaire est assez révélatrice de l'attitude du milieu: "Il y a un an, mon club organisait un match caritatif pour un jeune atteint du cancer. J'ai demandé à Aimé Jacquet s'il pouvait écrire une lettre de soutien. Il a accepté volontiers. Je lui ai aussi glissé que c'était un match contre l'homophobie. J'ai senti qu'il tiquait. Malgré les relances, on n'a jamais reçu la lettre."

dimanche 3 juin 2007

La fête des mères



Les mamans

La biche est la maman du faon.
La jument est la maman du poulain.
La vache est la maman du veau.
La brebis est la maman de l'agneau.



La mère du père ou la mère de la mère s'appelle une grand-mère.

Toutes les mamans sont en général très attentives à leurs enfants, mais certaines mères le sont beaucoup, beaucoup plus que les autres. On les appelle des "mères poules" car elles "couvent" leurs enfants, elles veulent les protéger de tout, les garder "sous leurs ailes". Mais les enfants doivent aussi apprendre à se débrouiller tout seuls pour grandir.

Les mots "maman" et "mère" viennent du mot latin "mater". Tous les mots de la famille de "mater", comme maternelle, matrice, maternité, ont un rapport avec la mère.

La maternité c'est l'endroit où le plus souvent on met les enfants au monde, c'est-à-dire où on devient "maman".

L'origine de la Fête des Mères à travers le temps et l'espace

Dans la Grèce antique :

, au printemps les anciens Grecs fêtaient Rhéa, la mère de tous les dieux

A Rome :

au Vème siècle avant Jésus-Christ, on célébrait au mois de juin les "Matralia", la fête des femmes et des mères. La religion fit peu à peu disparaître ces coutumes païennes

En Angleterre :

entre le XVème et le XVIIème siècle, au début du carême, on commenca à célébrer une fête appelée "Mothering Sunday". La date fut ensuite fixée au quatrième dimanche du printemps. C'était l'occasion pour toutes les mères qui travaillaient comme domestiques dans les familles fortunées de retourner passer la journée à la maison avec leur famille, puisque qu'elles avaient congé à cette occasion.

Aux États-Unis ;

c'est en 1872 que Julia Ward Howe lança l'idée de la fête des mères. A cette occasion, elle organisait une célébration spéciale à Boston à tous les ans.
L'idée fut reprise en 1907 par une autre américaine de Philadelphie, Ana Jarvis. La première célébration eut lieu le deuxième dimanche de mai, à Grafton, Virginie de l'Ouest. Cette date était l'anniversaire du décès de la mère d'Ana.
L'année suivante, la fête fut aussi célébrée à Philadelphie. Ana Jarvis entreprit une importante campagne pour instituer la Fête des Mères sur le plan national et en 1911, cette fête était célébrée dans à peu près tous les états américains.
En 1914, le président Woodrow Wilson fit de la Fête des Mères une fête officielle devant se tenir le 2ème dimanche de mai.

En Belgique :

la Fête des Mères se tient généralement le second dimanche du mois de mai. Elle a été instaurée à la suite des Etats-Unis et s'est calquée sur cette coutume américaine comme d'autres pays : notamment le Danemark, la Finlande, l'Italie, la Turquie, l'Australie.
Mais la date de la fête des mères n'est pas toujours la même selon les régions de la Belgique. Par exemple, en région Anversoise, la fête des mères est célébrée le 15 août, jour de Marie.

En France :

Le 9 mai 1920, le ministre de l'Intérieur proclame la première Journée Nationale des Mères de familles nombreuses. L'apothéose de la fête se déroule à Paris le 19 décembre, bien loin du 15 août initialement prévu!
Le Gouvernement prend alors la décision de célébrer chaque aen 1806, Napoléon aurait évoqué la création d'une fête des mères officielle au printemps.
En 1897, l'Alliance Nationale contre la dépopulation lance l'idée d'une fête des enfants.
En juin 1906, dans l'Isère, se déroule la première célébration des mères, sur l'initiative de l'Union Fraternelle des Pères de Famille
Le 31 décembre 1917, à Paris, on organise une fête des familles nombreuses.
Le 16 juin 1918, à Lyon, est célébrée la première "Journée des mères". À la suite de cet événement, l'idée d'une Journée des Mères de Famille est lancée. Selon certains, les français se seraient inspirés des Américains qui, pendant la première guerre mondiale, envoyaient massivement du courrier à l'occasion de la fête des mères (qui était déjà établie aux Etats-Unis). À ce moment là la date envisagée pour cette fête est le 15 août.
nnée la "Journée des mères". La première cérémonie eut lieu le 20 avril 1926.
Aujourd'hui, la fête des mères se célèbre le dernier dimanche du mois de mai, sauf lorsque celui-ci est aussi le jour de la Pentecôte. La fête des mères est alors reportée au premier dimanche de juin. C'est une fête officielle.

Au Viet-Nâm :

comme les européens, les viêtnamiens ont aussi la fête des Mères. C'est la fête du Vu Lan au 15è jour du 7ème mois lunaire.

lundi 14 mai 2007

SOS Homophobie...




SOS-Homophobie: Un groupe clé dans la lutte à l'homophobiePar Marc-Olivier Ouellet , AlterHéros
13-05-2007


Paris 13 mai 2007 | Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, Marc-Olivier Ouellet, délégué d’AlterHéros en France, s’est entretenu avec Julien Lemonnier, trésorier de l’association SOS-Homophobie pour en savoir davantage sur ce groupe important en France et leur travail colossale en matière de lutte contre l’homophobie.

SOS-Homophobie : un groupe clé en France

Fondée en avril 1994, l’association SOS-Homophobie a pour mission de lutter contre les discriminations et les agressions à caractère homophobe. « Nous sommes absolument tous bénévoles. Nous sommes environ 90 bénévoles essentiellement à Paris, et dans aussi 7 régions françaises. Et nous tentons de plus en plus de nous développer dans les régions », raconte Julien Lemonnier. Bien que l’association compte sur la participation de jeunes, la moyenne d’âge de l’association est environ 30-35 ans. « Il y a quelques jeunes, mais pas assez! Les jeunes vont d’abord dans les associations étudiantes, dans les universités ou dans les écoles. Ces associations mélangent convivialité, engagement dans lutte à l’homophobie et prévention des MST et Sida, elles sont plus polyvalentes » nous relate Julien, ce qui explique en partie pourquoi moins de jeunes fréquentent SOS-Homophobie.

L’association SOS-Homophobie se veut un groupe totalement mixte sur le plan des orientations sexuelles, qui recherche la mixité dans toutes ses actions. Par rapport aux questions trans, l’association participe à la fierté trans et les écoutants ont été formés pour pouvoir donner les premiers éléments d’information, mais puisque l’association n’a pas toutes les ressources pour agir, les appels sont référés vers d’autres associations qui sont mieux outillés quant aux questions transsexuelles et transphobie.

Offrant dès ses débuts une ligne d’écoute téléphonique pour les témoins et les victimes d’homophobie, d’acte ou de propos homophobes, l’association a diversifié ses services avec les années. Elle concentre aujourd’hui ses énergies en trois pôles : le pôle « Écoute et soutien » et le pôle « Prévention » et le pôle « Action ».

Pôle « Écoute et soutien » : une aide précieuse et diversifiée

Pour son pôle « Écoute et soutien », l’association met à disposition une ligne d'écoute téléphonique anonyme pour donner un temps de parole et d'écoute aux personnes victimes d’homophobie (Numéro en France 0 810 108 135). Par cette ligne téléphone, l’association souhaite aussi et surtout donner les moyens d'agir et de se prendre en charge. Les écoutants et les intervenants de l’association sont tous spécifiquement formés à ces actions et sont signataires d’un code d’éthique qui encadre leur travail bénévole. De plus, les écoutants ont reçu des notions juridiques de base sur ce que l’on peut faire auprès de la police et de la justice.

« Les gens qui appellent pour témoigner d’un mal de vivre, une difficulté à s’assurer, à s’annoncer homosexualité autour de soi, représente environ 10% des appels que reçoit l’association », explique Julien. SOS-Homophobie s’est fait connaitre pour son soutien aux actes et aux propos homophobes, et il existe en France d’autres lignes plus spécifiques aux questions liées au questionnement de l’orientation sexuelle, telle la ligne d’écoute Azul en France, ou Gai-Écoute au Québec.

En plus du soutien téléphonique, l’association recueille aussi des témoignages par le biais de son site Internet et si nécessaire, SOS-Homophobie peut aussi intervenir concrètement en envoyant par exemple des lettres de soutien, en fournissant de l’accompagnement, en interpellant les employeurs sur leur besoin d’application de la loi, etc. « Nos délégués régionaux peuvent avoir des contact direct avec les victimes pour les accompagner, par exemple à un procès » rajoute Julien. De plus, l’association a initié des groupes de paroles pour les victimes d’homophobie qui sont animés par une psychologue, qui ont lieu au kiosque de Sida-Info-Service.

Pôle « Prévention » : la France loin derrière le Québec

Le deuxième pôle de la mission de l’organisme SOS-Homophobie consiste à mener des actions de prévention de l'homophobie, dont principalement en effectuant des interventions dans les établissements scolaires et en organisant ou en participant à des actions visant à sensibiliser l'opinion publique contre l'homophobie.

En matière d’intervention scolaire, SOS-Homophobie peut intervenir à la demande d’un professeur, d’un conseil d’établissement, ou même des élèves. En 2006-2007, l’association a rencontré 50 classes, pour un total d’environ 1200 élèves rencontrés. C’est une augmentation de 70% par rapport à 2005-2006. « Nous pensons qu’il faudrait généraliser la sensibilisation dans les collèges et les lycées. Il est indispensable que chaque jeune, au moins une fois dans sa scolarité, ait entendu parler d’homosexualité, et soit amené à comprendre que homosexualité est normal, et qu’il y a des gens à qui en parler autour » explique Julien, déplorant la difficulté à rencontrer plus de jeunes en milieu scolaire, comparativement au Québec où des associations comme le GRIS-Montréal rencontre plus de 10 000 jeunes par année.

À ce sujet, SOS-Homophobie revendique une politique de prévention à grande échelle et cohérente, et que les textes officiels de loi contre la discrimination soient appliqués, ce qui n’est pas toujours le cas. Cette année, une expérience a été menée dans une école où un questionnaire a été remis à tous les élèves pour connaitre leur perception de l’homosexualité sous forme de questions assez générales, par exemple « comment réagisseriez-vous si vous appreniez que votre meilleur ami était homosexuel? Connaissez-vous des personnalités connues homosexuelles? ». « L’analyse du questionnaire révèle que 42% des répondants disait que l’intervention les avait amené à réfléchir sur leur perception de l’homosexualité. Rien que ça, c’est un résultat fantastique! » se réjouis Julien.

Pôle « Action » : vers l'égalité juridique et sociale


SOS-Homophobie est une association apolitique, mais a aussi pour mandat de travailler à l’obtention de l'égalité des droits entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels, et entre les personnes homosexuelles et les personnes hétérosexuelles. À cette fin, elle peut réagir par rapport aux déclarations que font les politiciens et à leurs programmes. « Dans les deux dernières années, l’asso a peu intervenu directement auprès des ministères » déplore Julien. Au contraire, l’association a plutôt présente sur le terrain. Elle jouit d’ailleurs pour le moment d’un bon accueil au niveau du Ministère de jeunesse et des sports, qui finance le Colloque contre l'homophobie et pour la diversité par l'éducation.

Cela dit, par le passé, SOS-Homophobie a effectué des actions ponctuelles avec d’autres associations, telles que Act-Up Paris, sur des sujets touchant l’homophobie. Par exemple, SOS-Homophobie s’est associée à des associations en Guadeloupe et en Martinique pour réagir au propos violents prononcés là-bas, comme eux de chanteurs de reggae.

De plus, l’association a mis en place une cellule de veille sur Internet à qui l’on peut signaler les propos homophobes sur les sites Internet hébergés en France. « Dans ces cas, on envoie systématiquement un rappel de la loi à l’hébergeur, et l’on constate que les propos sont retirés » explique Julien, qui précise que ces actions ciblent aussi les blogs et que les actions de SOS-Homophobie ont même parfois menées à la fermeture de site avec des propos homophobes très violents.

Le Rapport sur l'homophobie: la carte de visite de SOS-Homophobie


En plus de toutes les actions mentionnées, une grande partie des efforts fournis par les bénévoles de l’association sont dirigés vers la rédaction d’un rapport annuel qui fait état de l’homophobie en France. Ce rapport en est à sa 11e édition cette année. Julien en est le co-responsable avec sa collègue Marion Lemoine depuis l’an dernier.

« Le premier rapport montrait les différents aspects de l’homophobie, pas seulement par les appels reçus à l’association, mais aussi par une série de documents, d’articles de presse, etc. Je crois que la première idée des gens qui ont décidé de publier ce rapport, c’était d’avoir un document qui pose la crédibilité de l’association et du travail qui a été fait. C’était un document qui permettait d’aller vers les politiciens, les médias, les responsables associatifs, pour montrer la réalité de l’homophobie en France » raconte Julien.

Encore aujourd’hui, le rapport s’inscrit toujours dans le même esprit bien qu’il s’est beaucoup professionnalisé sur le fond et sur la forme. Le rapport donne lieu pour l’association à une prise de parole publique. En 2006, c’est 25 personnes, membres de l’association, qui ont participé à ce grand projet, qui sera mis à disposition au grand public dès cette semaine.

La base du rapport reste encore les témoignages reçus par téléphone et par internet. En 2006, c’est 1332 témoignages ont été recueillis et analysés, soit une augmentation de 10% par rapport à 2005. La première partie du rapport aborde plusieurs grands thèmes : le travail, la vie publique, le voisinage, le commerce et service, le mal de vivre, la police et la justice, le milieu scolaire, etc. Le rapport présente ensuite une analyse transverse de ces thèmes et fait aussi une analyse spécifique des agressions physiques qui représentait 12% des appels reçus par SOS-Homophobie. « Ce n’est pas parce que les témoignages sont en augmentation que l’homophobie en France est en augmentation » signale Julien. « L’association est plus connue grâce à nos efforts pour être mieux implanté en province, et la retombée de notre présence dans les médias » rajoute Julien.

La deuxième partie du rapport se veut un suivi de l’actualité vu du regard des grands médias. On y traite du mariage gai, de l’adoption, de l’homoparentalité, de la lutte contre l’homophobie, de la religion.

« La conclusion que l’on tire du rapport 2006, c’est qu’il y a de plus en plus de gens qui sont prêt à réagir » explique Julien. « Personnellement, je crois qu’il y a énormément de travail à faire, mais je suis convaincu que [mon engagement à SOS-Homophobie] est une action efficace » ajoute-t-il en terminant.

Le rapport est en vente dans plusieurs libraires en France, dont les FNACs, et est aussi disponible en vente sur internet, au coût de 10 euros, un montant bien investi qui aide l’association à financer ses actions bénévoles.

Pour plus d'information sur l'association et pour se procurer une copie du rapport, visitez le site Internet: http://www.sos-homophobie.org/

samedi 5 mai 2007

Les abus sexuels en Afrique du Sud



Le Groupe national de travail sur les délits sexuels,
un consortium de 25 organisations qui inclue la Clinique Teddy Bear pour les enfants abusés, et le Centre de conseils juridique Tshwaranang (TLAC) spécialisé dans les affaires d’abus sexuels, a remis les résultats de sa récente enquête à la Commission sud-africaine des droits de l’homme (SAHRC). D’après l’étude, près d’un tiers des praticiens des structures sanitaires gouvernementales dans les 31 centres nationaux de prise en charge du viol a dit ne pas considérer le viol comme un cas médical sérieux.

Si le viol n’a pas été signalé dans un poste de police, les personnels de santé dans les centres refusent aussi de fournir le traitement médical, dit de prophylaxie post-exposition (PEP), composé d’antirétroviraux, qui permet de prévenir le risque d’infection au VIH. « Etant donné le délai de 72 heures pendant lequel la PEP doit être administrée, cette répugnance des travailleurs de la santé a généralement des conséquences à long terme pour les survivants d’agressions sexuelles », a dit à IRIN/PlusNews Lisa Vetten, chargée principale de recherche et de programme au TLAC.

Par ailleurs, de nombreux services destinés aux victimes de viols sont situés dans les sections des hôpitaux réservées aux accidentés. « Ces salles sont très bruyantes, très fréquentées, pleines de sang, effrayantes... ce sont exactement les services inadaptés pour accueillir des patients victimes de viols », a-t-elle dit, soulignant que ce genre de lieu constituait rarement un environnement idéal pour une personne en état de choc. Moins de la moitié (47,2 pour cent) des structures visitées dans le cadre de l’enquête disposent d’une salle à part pour examiner les victimes, ces salles étant en outre souvent fermées à clé en dehors des heures habituelles de travail.

Homosexuels et prostitués sont souvent exclus des traitements

Un autre obstacle au traitement de ces victimes est « l’attitude antipathique, de jugement et impatiente » des travailleurs de la santé, qui empêche l’accès au traitement pour les personnes marginalisées telles que les gays, les lesbiennes et les travailleurs ou travailleuses du sexe. « Pour les gays qui survivent au viol, ce manque de sensibilité de la part de la police et des travailleurs de la santé signifie d’être étiqueté comme des personnes ayant des relations sexuelles multiples et donc méritant d’être violées », a dit Glenn de Swardt, directeur du Triangle project, un groupe de défense des droits des gays basé dans la ville du Cap, dans le sud du pays.

M. de Swardt a dit que l’homophobie et l’ignorance en ce qui concerne les viols d’hommes par des hommes empêchait souvent non seulement les hommes homosexuels, mais aussi les hommes hétérosexuels et jeunes garçons victimes de viols, d’avoir accès à la PEP. « Pour les hommes [hétérosexuels] il y a la peur d’être ‘efféminisés’ par leur communauté, mais cela est vrai aussi pour les familles de jeunes garçons, qui préfèrent garder l’agression secrète », a-t-il dit.

Partageant les inquiétudes de M. de Swardt, Shaheda Omar, responsable thérapeutique à la clinique Teddy Bear, a expliqué que de nombreux viols de jeunes garçons n’étaient pas rapportés à cause de cela. « Les jeunes garçons ont toujours compté parmi les victimes de viols, mais ce n’est que depuis récemment que les cas ont commencé à être rapportés », a-t-elle dit.

Le Groupe national de travail sur les délits sexuels a estimé que 42,7 pour cent des quelque 50 000 viols rapportés à la police en 2005-2006 concernaient des enfants, mais Mme Omar soupçonne que ce chiffre pourrait en fait être beaucoup plus élevé. Le viol étant défini par la loi comme un acte perpétré par un homme –ou garçon- sur une femme –ou fille-, les statistiques de la police ne prennent pas en compte les agressions sexuelles commises contre des hommes et des garçons.

Le rapport soumis par le Groupe de travail a aussi souligné que dans certains cas, le refus des médecins de venir témoigner devant un tribunal minait le processus légal. « Les parents hésitent aussi à rapporter des cas, en raison de la peur de devenir à leur tour les victimes de l’auteur du viol, que la police est souvent trop lente, ou carrément incapable, d’arrêter », a dit Mme Omar.

Elle a souligné le besoin d’établir des discussions franches entre les parents et les enfants sur les questions sexuelles, sur les « bons et les mauvais gestes » de même que sur les dangers du VIH et ses moyens de transmission. Un Sud-Africain sur neuf vit avec le virus, selon les estimations nationales. La SAHRC a prévu d’organiser le mois prochain des débats sur « la disponibilité, l’accessibilité et l’acceptabilité » des services sanitaires.

Un livre intéressant....



L’Homosexualité au cinéma par François Xavier

Impression


Voici la première somme qui reprend toutes les représentations des gays et lesbiennes dans le 7ème art, de son invention à nos jours. Au sommaire, l’histoire du cinéma détaillé par grandes périodes et par pays, des encadrés sur des personnalités, des films phénomènes ou des approches singulières, une sélection de 100 films emblématiques, une éphéméride retraçant les grandes dates de cette histoire, des index regroupant plus de 5000 films et 5000 personnalités ; bref ? THE encyclopédie !
Né en 1967, Didier Roth-Bettoni est journaliste et critique de cinéma. Ancien rédacteur en chef du Mensuel du Cinéma, de La Saison cinématographique et du magazine culturel gay Ex æquo, il dirige actuellement le magazine Illico, tout en continuant à écrire régulièrement sur le cinéma. Il est aussi un militant gay engagé qui nous offre ce pavé comme l’aboutissement de son travail, de sa quête, de ses amours …

Le cinéma est le reflet de notre société, il scrute l’état de nos consciences, il met à nu les blocages qui entravent nos libertés, il étudie les évolutions des comportements, il parle de nous, de notre époque aussi. Il dénonce nos interdits, il se joue de nos désirs, il épingle nos contradictions. Le cinéma est donc notre miroir magique à qui l’on peut parler, et qui nous réponde en affichant sur grand écran nos pulsions de mort, nos aspirations, nos fantasmes, nos tabous et en nous les renvoyant en pleine figure pour que nous les digérions mieux … Grâce à ce miroir aux alouettes, quelque gogos furent plumés ; mais il y eu aussi de la Rédemption et le miroir aux alouettes se mua en un drôle de miroir à facettes : grâce à lui les exclus entraient de plain-pied dans le monde. La réalité de nos quotidiens ne pouvaient plus nous échapper. Et l’homosexualité se révéla à nous, en nous, tapie au cœur du monde comme le marqueur de notre évolution, de notre tolérance … Mais que la bagarre fut rude pour en arriver là !

Car nous savons très bien de quelle manière nous avons traité les minorités depuis des siècles. Et, si l’important dans un miroir tient à ce qu’il renvoie, le cinéma – comme miroir absolu de notre psyché collective – a ceci de particulier de proposer un reflet à la fois extrêmement collectif et profondément intime. Répondant en cela en tout point à ce qu’il peut dénouer comme blocage inconscient, le cinéma a permis à l’homosexualité – qui est une question à la fois absolument personnelle et totalement publique – de prendre part à la vie sociale, au même titre que les clandestins, les handicapés, etc.

La façon dont le cinéma aborda l’homosexualité fut donc tout sauf neutre puisqu’il du intégrer la manière dont les homosexuels étaient, soit réprimés, soit tolérés, reconnus voire méprisés ; et cela selon tel pays et à un instant T pour se traduire par des films orientés, qui multiplient les personnages ou les sujets à caractère gay, ou au contraire qui nient jusqu’à l’existence des homosexuels des deux sexes, les tournant en ridicule ou alimentant les préjugés les plus tenaces à leur encontre.

« C’est donc cette histoire complexe, » nous rappelle Didier Roth-Bettoni dans son avant-propos, « faite d’avancées et de reculs, de mouvements temporels et géographiques contrastés, où se mêlent des aspects purement cinématographiques et d’autres de nature plus politique, que ce livre va s’efforcer de retracer. Une histoire qui débute presque en même temps que l’histoire du cinéma lorsque les comédies burlesques usaient du travestissement pour divertir les foules, et dont les traces n’ont pas cessé de se diversifier au fil des décennies. Une histoire longtemps vue au travers d’un prisme purement américain et dont il est clair pourtant qu’elle ne saurait se limiter à ce seul aspect, Hollywood, on le verra dans ces pages, ayant globalement véhiculé des images bien plus négatives de l’homosexualité que ses contemporains européens.
Une histoire portée par le cinéma grand public bien sûr, mais aussi par les franges plus marginales et plus expérimentales du septième art, dans lesquelles les homosexuels ont pu prendre en charge leurs représentations d’eux-mêmes. Une histoire durant laquelle une catastrophe (le sida, par exemple) peut engendrer, par contrecoup, d’inattendus progrès pour les droits des homosexuels et un changement évident d’images à l’écran … »

Cette extrême variété de motifs et d’approches, ce foisonnement de pistes et de modes de représentation selon les lieux et les époques forment le cœur même de cet ouvrage, sa raison d’être, en effet, tant Didier Roth-Bettoni s’efforce, en y faisant écho, de battre en brèche les a priori quant à l’invisibilité des gays et des lesbiennes sur les écrans avant une période récente ou hors de la zone des USA/Europe.

Mais doit-on y voir – aussi – un livre militant ? Sans doute, certainement, pourquoi pas puisque l’on peut y lire aussi une manière de corriger l’axe en mettant sous les feux de la rampe l’injustice faite aux homo et ainsi en tentant de les réhabiliter, en affirmant qu’ils ont toujours été là, dans le paysage, même si l’on s’évertuait à ne pas vouloir les voir … perversité d’autant plus retorde que ne pas voir un personnage au cinéma demande un effort intense (sic) … Mais le mode de lecture des spectateurs était un peu bloqué, sclérosé et les modèles manquaient aussi. Désormais le tournant a été pris et ce livre militant, donc, mais pas seulement, est aussi une bible, un ouvrage cinéphile qui propose une relecture de l’histoire du cinéma sous un angle différent afin de montrer que l’homosexualité peut avoir le premier rôle !

Didier Roth-Bettoni, L’Homosexualité au cinéma, La Musardine, avril 2007, 747 p. – 34,90 €