lundi 10 décembre 2007

Congé parental et homosexualité....



Congé paternité et homosexualité
Le bonheur n’est pas dans le pré, mais dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2002. Pas convaincu ? Suivez cette drôle d’histoire, qui conduit à réfléchir sur la légalisation du mariage homosexuel.
C’est cette loi de 2002 qui a créé le congé paternité : après la naissance d'un enfant et dans un délai de quatre mois, l’heureux papa peut bénéficier d’un congé de paternité de 11 jours consécutifs. Pendant cette période, consacrée à couver le bébé et à choyer la maman, le petit veinard perçoit les indemnités journalières de l'assurance maternité. Vive l’article L. 331-8 du Code de la Sécurité sociale !
Bingo. C’est la naissance de Basile. Karine, qui a accouché, va pouvoir bénéficier de la présence du papa. Petit problème : le papa s’appelle Elodie ! Car c’est après une insémination artificielle pratiquée en Belgique que Karine a pu enfanter. Karine et Elodie sont pacsées, mais restent les chromosomes. Problème.
La Caisse refuse le versement de la prestation : la loi, c’est la loi, et Elodie n’est pas un papa ! Le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes, le 20 mars 2006, confirme ce refus, pour le même motif. Hier, l’affaire se plaidait devant la cour d’appel de Nantes, et l’arrêt est attendu pour le 30 janvier.

Que dit le droit ?

Le Code civil reste très arthrosique. Tout au plus, les articles 515-1 et suivants, issus de la loi du 15 novembre 1999 qui fonde le PACS, évoquent-ils une vie de couple, sans faire référence à la différence de sexe. Le valeureux Code en est encore rose d’émotion…
C’est le Code de la sécurité sociale – que du bonheur, vous dis-je – qui avait ouvert la voie, par la loi du 27 janvier 1993 : le concubin d'un assuré, hétérosexuel ou homosexuel, acquiert la qualité d’ayant-droit au titre de l’assurance maladie. Pour la prochaine Gay Pride, je veux un char à l’honneur de l’article L. 161-14, al. 2, du Code de la Sécurité Sociale.
Toujours aussi coquin, le Code de la Sécurité sociale a inclu un article L. 513-1 qui alloue la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), à la « personne physique qui assume la charge effective et permanente de l’enfant ». Sans évoque la question du sexe.


Du côté européen, ça avance plus vite.


L’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme pose le principe de la liberté matrimoniale, et par l’arrêt Goodwin du 11 juillet 2002, la Cour européenne des droits de l’homme en a déduit qu’un Etat ne pouvait s’opposer au mariage entre une femme et d’une transsexuelle opérée.
Dernière étape – pour le moment – avec l’arrêt rendu 7 janvier 2004 (Affaire C. 117/01) par la Cour de justice des Communautés européennes qui a condamné la discrimination à propos du droit à une pension de réversion au sein d’un couple formé par une femme et une transsexuelle. La Cour de Luxembourg vise les articles 13 § 1 du Traité de l’Union européenne et 21 de la Charte des droits fondamentaux, du 7 décembre 2000, pour conclure que toute discrimination fondée sur l’ « orientation sexuelle » est prohibée.

* * *

S’agissant de Karine et Elodie, toute la question est de savoir si la cour de Rennes en restera à la lecture littérale du Code, ou si elle prendra en compte la substance des principes posés par le droit européen.
Dans leur dossier, Karine et Elodie disposent désormais d’un élément de poids. Une délibération de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (HALDE) reconnaissant le bien fondé de leur démarche. Et le bon président Schweitzer s’est fendu d’une lettre au premier ministre « concernant les disparités dans les conditions d’attribution des prestations sociales en lien avec l’éducation des enfants, aux couples de même sexe. »
Le plus simple serait que la loi change, ou lève le doute.
La lutte contre les discriminations de type social avance à grand pas, mais à terme elle pourrait servir de prétexte à ceux qui s’opposent au mariage homosexuel : l’égalité étant parfaite, la loi refuserait de passer le cap s’agissant d’un droit

mercredi 7 novembre 2007


Gays et lesbiennes âgés: Une génération à bichonner
Aux Etats-Unis, chercheurs et entrepreneurs s’intéressent de plus en plus près à ce nouvel enjeu social et démographique: les lesbiennes et gays âgés.

Nadja Simko
novembre 2007

Pour en savoir plus
Barbary Lane Senior Communities
http://www.asaging.org/
http://www.sageusa.org/
Avoir du temps à consacrer à leurs loisirs et intérêts, aux voyages ou à la détente. C’est ce qu’ont répondu les baby boomers de la communauté gay quand on leur a demandé ce que signifiait pour eux la retraite et le troisième âge*. Mais pas seulement. Parce que l’âge d’or, comme on se plaît à l’appeler, n’a pas le même éclat pour tous. «En vieillissant, les LGBT sont confrontés à toute une série de problèmes, dont la majorité ont trait à une crainte de la discrimination», observe Kimberly Acquaviva, professeure assistante à l’Université George Washington. «Et cette peur, fondée sur leurs expériences passées, fait qu’ils ne vont souvent pas demander l’aide dont ils ont besoin.»
D’une génération à l’autre«La situation varie d’une génération à l’autre», observe pour sa part Gerard Koskovich, responsable des questions LGBT pour la American Society on Aging (ASA). Et les seniors de 70, 80 ans ou plus ont en effet leur propre rapport au silence. Tenus tout au long de leur vie d’être discrets sur leur identité sexuelle, ils ont appris, normalisation sociale oblige, à ne s’ouvrir qu’à un cercle restreint de proches. Mais cette façon de vivre devient difficile lorsqu’il s’agit d’accéder à des soins ou d’intégrer une maison de retraite conventionnelle», explique Koskovich. Aussi ces seniors se sentent-ils parfois contraints de s’isoler de leur cercle de proches, de ceux qu’ils nomment leur «famille d’adoption», pour éviter d’afficher trop ouvertement leur homosexualité face aux structures d’aide et de soins.Et, bien que différente, la perspective des baby boomers LGBT n’est pas toujours plus enviable. «Plus jeune, cette population a, pour la plupart, affirmé plus ouvertement sa sexualité et son identité de genre, ajoute le professionnel de l’ASA. L’homosexualité, aux Etats-Unis et particulièrement dans les grandes villes, s’est vécue de façon presque communautaire, avec nombre d’associations et organisations.» Aussi en vieillissant, ces retraités, habitués à une attitude d’ouverture, recherchent-ils les institutions nécessaires au maintien de ce mode de vie. Sans toujours les trouver. Et le manque de structures adéquates les renvoie dès lors à la même peur: celle de la discrimination.


Un retour au placard


Dans une recherche publiée en 2006 par MetLife*, moins de la moitié des LGBT américains de la génération des baby boomers se disent confiants que le personnel soignant les traitera avec respect. «Ils craignent d’être rejetés ou traités avec moins d’attention ou de sympathie s’ils nomment leur homosexualité», observe Dan Ashbrook, directeur de Lavender Seniors of the East Bay, un réseau de soutien pour les LGBT vieillissants dans la région de San Francisco.A tel point d’ailleurs que certains même seraient prêts à passer sous silence leur orientation sexuelle. Comme si, après des années d’identité affirmée, ils se sentaient forcés de «retourner dans le placard». Selon des études, 90% des LGBT américains n’ont pas d’enfants (contre 20% pour l’ensemble des personnes âgées). Ce sont les lesbiennes qui se disent les plus angoissées par une possible discrimination à leur encontre. «Cela s’explique par la fait qu’elles font face à la ségrégation relative à leur identité sexuelle d’une part et vivent dans une société qui marginalise les femmes d’autre part, observe Gerard Koskovich. Elles cumulent donc les difficultés. Et, les différences salariales étant ce qu’elles sont, elles ont à redouter à la fois une vulnérabilité accrue et une précarité financière.» L’isolement et la solitude auxquels sont confrontés les LGBT en vieillissant peuvent aussi conduire à d’autres difficultés, d’ordre pratique notamment. Ainsi, sans précautions prises, personne n’est habilité à prendre de responsabilité en termes de décisions médicales. «En l’absence de personne désignée, la décision relative à des soins intensifs ou continus revient alors directement à la famille biologique, avec laquelle les liens de confiance sont souvent rompus», regrette Kimberly Acquaviva.Reste que, pour parer à ces difficultés, la communauté LGBT américaine s’organise peu à peu. Les maisons de retraite «gay-friendly» se multiplient et le pays compte désormais plusieurs résidences spécifiquement conçues pour les LGBT. «Aux Etats-Unis, où la diversité culturelle est si forte, les homes destinés à une population particulière ont une longue histoire. La communauté juive et les églises protestantes ont, il y a plus d’un siècle, créé les premières maisons de retraite. Les Italiens, les Arméniens et d’autres groupes d’immigrés ont suivi. Même les syndicats ont construit leurs propres homes. En ouvrant des maisons dédiées aux LGBT, nous ne faisons qu’épouser le système américain … à notre manière», conclut, avec une pointe d’ironie, Gerard Koskovich.


Home sweet home


Barbary Lane est une maison de retraite inspirée de la célèbre série de romans Chroniques de San Francisco, d’Armistead Maupin. D’ailleurs, les responsables de ce projet résidentiel ont pris soin de nommer les pièces selon les héros des Chroniques. «Nous avons voulu créer un établissement pour les LGBT du troisième âge avec des programmes spécifiquement adaptés à leurs besoins et intérêts – qu’il s’agisse d’événements culturels ou de réseaux d’aide», explique David Latina, président de Barbary Senior Communities, la société à l’origine de plusieurs projets de homes spécialisés. Cette maison de retraite qui accueillera ses premiers résidents au mois de février prochain, illustre un phénomène relativement récent: la multiplication des homes spécifiquement dédiés aux LGBT. «Très schématiquement, on parle de trois générations, observe David Latina. Celle des LGBT dits «GI’s», de la deuxième guerre mondiale, âgés de 90 ans ou plus et dont la caractéristique est un conformisme auto-protecteur. Puis est venue la génération silencieuse, qui a dissimulé son homosexualité et accepté une forme de normalisation sans pourtant l’approuver, suivie des baby boomers. Ces derniers ont transformé la notion de maison de retraites.» Par leur volonté d’afficher leur identité et, surtout, leur esprit d’indépendance, ils ont imposé les notions de choix individuels et de besoins propres à une communauté. Mais surtout, comme le précise le président, en 2000 la population des LGBT a, pour la première fois, été quantifiée par le recensement américain. Ainsi, on chiffre à plus de trois millions les LGBT de plus de 65 ans. En 2030, cette même population devrait compter six millions d’individus*. Et qui dit quantifier une population spécifique dit identifier un marché. Aussi y a-t-il fort à parier qu’à l’avenir Anna Madrigal et Michael Mouse pourront enfin choisir, pour leurs vieux jours, entre de nombreux «sweet homes». N.S.
http://www.barbarylanesenior.com/

lundi 22 octobre 2007

L'homosexualité à l'île Maurice.... Témoignage





Faire mieux comprendre l’homosexualité
Lorsqu’ils entendent prononcer le mot “gay”, bon nombre de Mauriciens ont à l’esprit l’image caricaturale de la ‘grande folle’, incarnée à l’écran par feu Michel Serrault dans le film “La Cage aux Folles”. C’est justement ce cliché-là et d’autres mauvaises conceptions que Laurent Laroche, le nouveau président du Collectif Arc-en-Ciel, veut briser.
Laurent Laroche, n’a rien d’efféminé. Ni dans son physique, ni dans son comportement général. Et pas même dans ses intonations. Et pourtant, il vit et assume pleinement son homosexualité.
Oui, reconnaît-il, il est un homo comme ils disent. “Lorsqu’une personne m’interroge à demi-mot sur mon orientation sexuelle ou en me montrant son index à la phalange recourbée, je réplique qu’effectivement, je suis p... Le terme ne me dérange plus. Autrefois, je ne l’aurais jamais admis. Pas même à un autre homosexuel”. Cette assurance tranquille est assez récente chez lui. Elle date en fait de sept ans. Un nouvel état d’esprit résultant d’une rencontre. Avant ça, Laurent était d’une timidité maladive et craignait toujours de déranger par sa seule présence. Laurent refuse toutefois d’établir une corrélation entre ce mal-être qu’il a traîné jusqu’à l’âge de 21 ans et les abus sexuels répétés dont il a été victime à partir de l’âge de six ans. “Je n’avais que six ans lorsqu’un cousin, de dix ans mon aîné, a fait des attouchements sur ma personne. Je croyais que c’était un jeu. Cela s’est répété. Le plus dur, c’était quand je ne le voulais plus et que c’était forcé. Les abus ont duré longtemps et puis ce fut le viol”. A l’adolescence, Laurent se sent attiré émotionnellement par les filles avec qui il sort et a même des rapports sexuels. Mais en parallèle, il sort aussi avec des garçons mais là, précise-t-il, c’est purement sexuel. Lorsque sa mère le questionne sur son orientation sexuelle après avoir lu un article sur l’homosexualité dans un magazine féminin, il lui dit la vérité. Et pour lui faire plaisir, il accepte de consulter un psychologue et même un prêtre. Cela ne l’empêche pas de continuer à mener sa double vie. “ J’avais du mal à me situer et à savoir quelle était mon orientation sexuelle”. Le théâtre, que cet ancien élève du collège St-Joseph pratique, l’aide dans une certaine mesure à briser sa timidité. Sa sœur aînée l’entraîne dans son sillage lorsqu’elle sort et cela l’oblige à ne pas vivre en ermite. Le fait que sa sœur et son petit ami acceptent sa bisexualité est aussi pour lui un soulagement. Mais il a beau avoir des relations avec des filles et des garçons, il se sent toujours différent des autres. Lesdites relations ne l’apaisent pas. Et même le théâtre qu’il fait auprès de plusieurs troupes, bien que plaisant, n’amène pas le résultat escompté. “Bien que mes amies et mes petits copains étaient au courant de ma bisexualité, en public, je me conformais à ce que la société attendait de moi”. Lorsqu’il rencontre Clarel Broudou, le metteur en scène et directeur de la troupe Artistes en Liberté, ce dernier est le seul à lui faire confiance. “Alors que les autres me critiquaient ouvertement, lui, m’a encouragé et m’a fait confiance. Il a suffi de cela pour que j’aie confiance en moi”. A travers Clarel Broudou, qui est devenu son meilleur ami, il rencontre l’homme qui partage aujourd’hui sa vie à mi-temps. “Pas en raison du qu’en-dira-t-on mais pour des raisons pratiques”. Laurent déclare n’avoir eu aucune difficulté à vivre son homosexualité. Pas même à la firme où il est travaille. “Au bureau, je me sens un peu à l’écart car certains hommes ont du mal à accepter l’idée générale de l’homosexualité. Mais une fois qu’ils me connaissent, ça va. D’autres m’évitent, de peur d’être catalogués d’homosexuels. Mais je ne prends pas cela comme de l’homophobie car c’est un choix personnel. Tant que l’on me dit bonjour, ça va. Avec mes collègues filles, ça se passe super bien”. Il ajoute ensuite qu’en groupe, les gens ont tendance à se prononcer contre l’homosexualité. “Lorsque tu les interroges individuellement, cela ne les dérange pas. Comme quoi, la pression du groupe est plus forte. Beaucoup de personnes acceptent les travestis et pas les homosexuels car dans leur tête, un homosexuel est génétiquement mal constitué et doit forcément vouloir changer de sexe pour devenir femme. Ce n’est pas vrai”. Il n’est pas du genre à s’afficher. Bien que lui et son copain soient très tactiles, ils ne se promèneront pas bras-dessus, bras-dessous, ni ne se bécoteront en public. “ La société dans laquelle on vit n’a pas encore évolué et n’accepte pas l’homosexualité. Tout comme ce n’est pas bien vu de marcher en bikini à Port-Louis. Que tu sois homosexuel ou hétéro, tu dois respecter les autres. C’est une question de pudeur et de respect”. Laurent aurait pu mener sa petite vie tranquille, sans se soucier d’autrui. “J’ai toujours pensé qu’il me fallait aller vers les autres. Je refuse que ma vie ne se résume qu’au travail et qu’à ma relation amoureuse”. Lorsqu’il apprend que le mouvement qui va devenir le Collectif Arc-en-Ciel est en gestation, il s’y intéresse et assiste aux réunions. Il est agréablement surpris par la composition du premier comité de direction. “J’ai été agréablement surpris de voir que chaque groupe était représenté et qu’il y avait une réelle volonté de faire changer les mentalités”. La première année de la constitution du collectif, Laurent se porte volontaire comme trésorier. La deuxième, il agit comme porte-parole. Cette année, il a été élu président. Le message du collectif reste inchangé. Il veut que l’homosexuel ait une reconnaissance légale. “Nous attendons avec impatience l’Equal Opportunity Bill qui devrait aplanir toutes les difficultés pour nous”. Tout comme il réclame la dépénalisation de la sodomie. Pour mieux faire connaître le collectif, Laurent veut aussi le faire enregistrer auprès du Mauritius Council for Social Service. Et pour venir à bout de l’homophobie, il pense à des campagnes d’explications auprès des familles qui s’interrogent sur l’orientation sexuelle de leur enfant, de même qu’auprès des jeunes. “Il faut expliquer ce qu’est l’homosexualité, montrer que ce n’est pas une perversion, ni une déviation sexuelle. Que cela n’a rien à voir avec le sexe mais que c’est une histoire d’amour entre deux personnes de sexe identique. Il faut expliquer ce qu’est chaque composante de la communauté des LGBT pour éviter les amalgames”. Laurent porte un regard surprenant sur l’homophobie. Le plus grand homophobe, selon lui, est l’homosexuel lui-même. “Il ne s’accepte pas car il est mal dans sa peau. Comment ne pas l’être quand la société l’a conditionné à être pendant longtemps ce qu’il n’est pas ? C’est ça, aller contre sa nature. Mais il est si mal dans sa peau qu’il n’accepte généralement pas les autres travestis, lesbiennes, bisexuels. Comment voulez-vous qu’on l’accepte s’il ne supporte pas les gens qui sont pratiquement comme lui ?”. Laurent ajoute que le collectif a aussi été créé pour une plus grande solidarité entre les différents groupes le constituant . “Le changement doit aussi s’opérer à l’intérieur de la communauté des LGBT”, dit Laurent.
-->Marie-Annick SAVRIPÈNE

vendredi 19 octobre 2007

Quand l'Europe sacrifie les gays polonais !







Sur fond de traité simplifié, les homos polonais ignorés
Union européenne.
Florence Tamagne Université Lille-III

Fruit de longs mois de négociations, le «traité simplifié», présenté comme une victoire de Sarkozy, repose sur un compromis en forme d'abdication de la part de l'Union européenne face à la Pologne des jumeaux Kaczynski (du parti Droit et justice, PiS, conservateur). Elle n'appliquera pas la charte des droits fondamentaux, en particulier les dispositions concernant les droits des minorités sexuelles.


1. Quelles sont les discriminations ?


Bien que l'article 32 de la Constitution et le code du travail dénoncent toute forme de discrimination, 13 % des gays et des lesbiennes polonais ont déjà subi des violences physiques, plus de 50 % des violences psychologiques et plus de 80 % jugent nécessaire de dissimuler leur orientation sexuelle sur leur lieu de travail. Dans un pays à très forte majorité catholique, l'homosexualité continue d'être vue comme un péché. Les dernières marches pour l'égalité (l'équivalent de la Gay Pride) ont été le théâtre de violentes attaques organisées par les jeunes skinheads de la Ligue des familles polonaises (LPR), ancienne alliée du PiS : jets de pierres et d'œufs pourris, slogans haineux aux relents antisémites («Gazons les pédés !») et antieuropéens («Pédophiles et pédérastes, voilà les euroenthousiastes !»), sous les yeux de forces de police visiblement peu enclines à intervenir.


2. Y a-t-il homophobie d'Etat ?


En 1932 la Pologne, sous l'influence du code pénal napoléonien, était l'un des premiers pays d'Europe à décriminaliser l'homosexualité. Aujourd'hui, la presse de droite n'hésite pas à affirmer qu'il s'agit d'une importation occidentale, étrangère à la tradition polonaise, et elle dénonce l'action du «lobby rose international», qui aurait infiltré les institutions européennes. Le chef de la LPR, Roman Giertych, ancien ministre de l'Education, a été limogé en août, mais le Premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, n'exclut pas de ressusciter son projet d'interdire la «promotion de l'homosexualité à l'école». Son frère jumeau, le président Kaczynski, est lui aussi un homophobe notoire qui demeure persuadé que l'homosexualité conduit l'humanité à son «extinction». Parmi les partis en lice pour les législatives du 21 octobre, seule la coalition de centre gauche (Gauche et démocrates, LiD) s'affirme contre l'homophobie et pour les droits des homosexuels, mais elle a peu de chance de l'emporter.


3. Comment tentent de réagir les militants gays et lesbiens ?


Aujourd'hui, les groupes gays et lesbiens sont peu nombreux ; une subculture avec des pubs ou des clubs homosexuels n'existe que dans les grandes villes. Pour les deux principales organisations lesbiennes gay, bi et trans (LGBT), Lambda Warszawa et Campagne contre l'homophobie (KPH), il est essentiel non seulement de créer une identité homosexuelle positive, mais aussi de mobiliser l'opinion. En 2010, l'Euro Pride se tiendra à Varsovie, choix qui a valeur de symbole, puisque la Pologne sera le premier pays d'Europe de l'Est à accueillir la manifestation. Pour Tomasz Szypula, secrétaire général de KPH, «le plus important est que nous avons une chance d'être plus visibles et de créer une vraie communauté avec des leaders, ce qui nous permettra d'être assez forts pour influencer la politique polonaise. Je compte aussi sur les organisations LGBT de toute l'Europe pour qu'elles nous témoignent leur solidarité. L'Euro Pride à Varsovie sera un retour aux racines de l'idée de "fierté". Cela ne sera pas seulement un moment de joie, mais aussi un cri fort pour demander le respect». -- Voilà comment l'europe renie ses principes humanistes au profit d'un pays homophobe !

Amitiés de René

samedi 6 octobre 2007

dimanche 23 septembre 2007